Rennes. L’insécurité menace le marché de l’immobilier !

Source : Breizh Info – Le phénomène n’en est qu’à ses prémices. Mais les premiers signes sont inquiétants. Voilà que l’immobilier breton commence à pâtir de l’insécurité régnant dans certaines rues des grandes villes. Rennes semble être la plus concernée. La qualité de vie des villes de Bretagne tant vantée par les magazines « lifestyle » comme par les métropoles en question doit être de plus en plus nuancée. L’exemple le plus parlant à l’heure actuelle est celui de Rennes.


Longtemps perçue comme une gentille ville étudiante à l’activité musicale débordante, Rennes était une valeur sûre pour quiconque souhaitait investir dans l’immobilier. En plus d’un grand nombre d’étudiants cherchant un toit lors de chaque rentrée, un nouveau public a contribué à faire augmenter le prix des logements ces dernières années. À l’achat comme à la location.

Ce public, généralement en provenance de la région parisienne ou de territoires « moins agréables à vivre » que la Bretagne, se composait majoritairement de trentenaires et de quadragénaires urbains issus des classes moyennes. Ce que les mauvais esprits nommeraient des « bourgeois bohèmes ». Seulement voilà, la qualité de vie recherchée connait désormais quelques aléas. Plusieurs rues du centre-ville rennais sont désormais le repère de dealers et de bandes de toutes sortes.

Rentrer chez soi passé une certaine heure quand on est une femme seule ou même un couple devient problématique lorsque l’on habite près de la place Saint-Anne ou aux abords de la place de la République. Sans compter de nombreuses autres artères de plus en plus malfamées.

Enfin, Rennes est désormais tristement célèbre pour ses problèmes à répétition causés par les « mineurs isolés ». Des faits que nous rapportons régulièrement par ailleurs.

Une fois cette situation rappelée, il n’apparaît donc pas surprenant que des propriétaires de logements situés dans les quartiers mentionnés précédemment commencent à avoir des difficultés pour louer leurs biens.

Une situation très alarmante au point que le quotidien Ouest-France, d’habitude peu enclin à évoquer l’insécurité rennaise, a récemment fait allusion à ce phénomène.

De notre côté, les témoignages recueillis confirment cette anxiété grandissante chez les vendeurs comme chez les loueurs.

Sous couvert d’anonymat, un agent immobilier du centre-ville de Rennes nous confie :
« Le marché rennais bénéficie toujours d’une bonne dynamique. L’effet TGV se fait encore sentir. Mais je dois dire que les acheteurs posent désormais la question de la sécurité. Des demandes que je ne voyais pas il y a un an ou deux. La réputation de Rennes change. Et pas en bien. Vendre un appartement vers les Lices ou Saint-Anne relève presque du défi à présent ».

Son explication a le mérite d’être claire : « Quand vous voyez des bandes errer en permanence, dealer et agresser quand vient la nuit, qui voudrait habiter au-dessus de tout ça ? »

Si la vente connaît ainsi des difficultés, le marché locatif est lui aussi entravé par cette ambiance délétère.

Un couple propriétaire d’un studio non loin de la rue Saint-Michel rapporte : « Même les étudiants, d’habitude peu regardant et recherchant la proximité de l’hyper centre, commencent à se méfier du quartier. Nous avons réussi à louer notre appartement en septembre dernier mais les demandes n’ont pas afflué comme par le passé ».

L’explication est toujours la même :
« Deux étudiantes de 18 ans, qui cherchaient un logement à Rennes, nous avaient d’ailleurs contacté avant de se raviser. Après s’être renseignées sur le quartier, elles ont opté pour un lieu plus sûr. Elles avaient peur, tout simplement ».

La question de la sécurité, pourtant régulièrement alimentée par les faits divers, n’est visiblement pas la priorité de la maire socialiste Nathalie Appéré. C’est pourtant l’attractivité de sa ville qui est en jeu.