Jugée trop militante par le Département de l’Hérault, l’association pro-migrants RAIH stoppe ses activités

Lengadoc Info – L’association RAIH, qui vient en aide aux jeunes migrants à Montpellier, va-t-elle fermer ses portes faute de subventions ? Elle a déjà annoncé qu’elle devait stopper ses activités. La cause ? La division par trois des subventions accordées par le Département de l’Hérault qui jugerait la structure trop partisane.

Après 17 années d’activité, l’association RAIH pourrait bien devoir licencier ses quatre employés et mettre la clé sous la porte. Fonctionnant à 95 % à l’aide des subventions du Département de l’Hérault, l’association a vu récemment sa dotation être divisée par trois par la collectivité.

Cette dernière reproche à l’association son manque de neutralité notamment dans sa mission d’évaluation de l’âge des jeunes migrants. Chargée d’accueillir les mineurs non accompagnés (ex mineurs isolés étrangers) et de vérifier l’âge de ces derniers, l’association RAIH aurait déclaré comme mineurs 80 % des individus testés. Un chiffre qui, selon un responsable du pôle solidarité au Département, serait largement au-dessus des chiffres nationaux et même de l’autre association héraultaise chargée de ces tests.

Pour la présidente de l’association, Béatrice Hervouet, le choix de réduire drastiquement les subventions serait une « décision politique devant les pressions du Front National »… et tant pis si le Département de l’Hérault est aux mains d’une coalition PS-Front de Gauche. De son côté, Véronique Calueba-Rizzolo (communiste), vice-présidente du département en charge de l’enfance, note « des faiblesses comptables dans la gestion de RAIH 34 » et une « rupture de la confiance réciproque ».

L’annonce de l’association RAIH de stopper ses activités intervient près d’un an après l’opération spectaculaire de la Ligue du Midi contre cette association. Le 30 juin 2017, une quinzaine de militants identitaires envahissaient les locaux de RAIH afin de dénoncer les subventions accordées aux associations pro-migrants.

Plusieurs plaintes avaient alors été déposées contre la Ligue du Midi, le Département de l’Hérault, après en avoir manifesté l’intention s’en était abstenu. Finalement, le tribunal de Montpellier n’avait retenu que les accusations de dégradations et condamné un militant identitaire à un mois de prison (dont il a fait appel) et relaxé le président de la Ligue du Midi, Richard Roudier.

Ce dernier se félicite aujourd’hui de la tournure des événements : « Après nous avoir craché dessus, le Département de l’Hérault et son président Kleber Mesquida, sont finalement contraints de regarder la réalité en face. Si nous n’étions par intervenus pour dénoncer le business scandaleux de l’association RAIH, celle-ci aurait continué ses magouilles pendant des années ».